L'actu des négos

 

Complémentaire maladie

Jusqu’à présent, bien peu de pigistes pouvaient bénéficier d’une complémentaire maladie : certains étaient couverts par celle de leur conjoint, d’autres, rarissimes, bénéficiaient de celle de leur entreprise, comme les salariés en CDI intégrés dans les rédactions, d’autres, enfin (environ 700) avaient adhéré à une association, PEP’S (pigistes ensemble pour la santé), qui avait passé un contrat avec Audiens.

Avec l’accord signé le 24 septembre 2015 entre l’ensemble des organisations patronales de la presse écrite (les patrons de l’audiovisuel n’étaient pas à la table des négociations) et quatre syndicats de journalistes (CFDT, CFTC, CGT et SNJ), tous les journalistes de presse écrite rémunérés à la pige (plusieurs milliers) peuvent adhérer au régime créé spécialement pour eux au sein d’Audiens.

Ce régime est alimenté à la fois par un fonds auquel les employeurs devront verser 0,4% de toutes les piges payées et par les journalistes pigistes eux-mêmes : le montant de la cotisation mensuelle sera de 1,20% du plafond mensuel de la sécurité sociale (38 euros donc) partagé entre le fonds et le pigiste (19 euros chacun) ; sa mise en place est effective depuis le 1er janvier 2016.

Les conjoints peuvent également bénéficier de ce régime.

 

Formation

 

Petit rappel historique

Les journalistes pigistes, comme tous les salariés, ont droit à la formation continue.

Un accord national a été signé en janvier 2009 (notamment par la CFDT) qui a permis de rendre ce droit réellement effectif. Le journaliste pigiste n’était plus tributaire de l’un de ses employeurs pour se former. Il s’adressait directement à l’AFDAS (l’organisme collecteur des fonds de la formation professionnelle de la presse) qui, après avis d’une commission paritaire « pigistes », prenait en charge la formation.

Depuis le 1er janvier 2015, cet accord est caduc, suite à la réforme de la formation professionnelle (loi du 5 mars 2014).

Pourquoi ? Sans entrer dans le détail :

  • les entreprises de 300 salariés et plus n’ont plus la contrainte fiscale d’affecter une partie de la masse salariale à la formation (AVANT : 0,9 % de la masse salariale pigistes pour les entreprises de presse)
  • le DIF (droit individuel à la formation) est supprimé, remplacé par le CPF (compte personnel de formation). Or, c’était le DIF de chaque pigiste qui servait de « compteur » à l’Afdas pour déduire les heures de formation effectuées

Toutes les organisations syndicales ont demandé dès 2014 l’ouverture de négociations pour renouveler l’accord. Les représentants des employeurs ont mis 18 mois avant d’y consentir !

 

Un nouvel accord pigistes 

A l’issue de négociations qui se sont déroulées entre novembre 2015 et février 2016,  un nouvel accord pigistes a été signé en mars 2016 (côté patronal par l’ensemble des syndicats professionnels de la presse, et côté syndical par le SNJ, la CGC et la CFTC).

Il fixe, notamment :

  • la mise en place d’une contribution conventionnelle fixée à 0,30 % des piges brutes pour financer exclusivement des actions au bénéfice des journalistes pigistes (contribution versée par les entreprises d’au moins 10 salariés)
  • les modalités de calcul des droits à CPF des pigistes
  • la mise en place d’un dispositif de « suivi de parcours professionnel personnalisé » tous les deux ans

 

Pourquoi la CFDT ne l’a-t-elle pas signé ?

  • La contribution conventionnelle pour financer la formation des pigistes (en plus des contributions légales) proposée par les employeurs est très insuffisante : elle se limite à 0,3 %, soit environ 247 000 €. Notre demande était que cette contribution atteigne au moins 0,6 % pour permettre de maintenir un niveau de financement équivalent à celui qui résultait de l’accord de 2009. De ce fait, l’enveloppe globale disponible se limite à 897 000 €, en baisse de 25 % par rapport à l’accord de 2009.

 

  • Depuis 2014 les entreprises ont l'obligation de faire passer tous les deux ans un entretien professionnel (pour échanger sur les perspectives d'évolution) à tous les salariés. Au bout de six ans, si cet entretien n’a pas eu lieu régulièrement, et si le salarié n’a pas bénéficié d’une formation ou d’une progression salariale, l’employeur a une sanction financière qui bénéficie au salarié (son compte personnel de formation est crédité de 130 heures). Les organisations patronales prétendent que cet entretien est impossible à mettre en place pour les pigistes, ce que nous, CFDT, contestons, au moins pour les pigistes les plus réguliers. Ils introduisent dans le nouvel accord, uniquement pour les pigistes. Dans l'accord pigiste ils l'ont remplacé par un dispositif qu’ils intitulent « suivi de parcours professionnel personnalisé ».  Contrairement à l’entretien professionnel légal, il n’a aucun caractère contraignant pour les employeurs et n’entraîne donc aucune sanction s’il n’est pas appliqué. C’est clairement une rupture d’égalité au détriment des pigistes par rapport à l’ensemble des salariés et nous n'estimons pas que le "suivi de parcours" se substitue à l'entretien professionnel. Pour nous, CFDT, un pigiste qui collabore régulièrement pour un éditeur et qui en tire une part substantielle de ses revenus peut parfaitement prétendre bénéficier de l’entretien professionnel.