Un commissaire régional CFDT témoigne

 

Frédéric Marion-Garcia, correspondant de la CCIJP en Alsace

 

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Frédéric Marion-Garcia

Frédéric Marion-Garcia a été élu en juin 2015 commissaire régional titulaire de la CCIJP pour l'Alsace. Il est le seul élu régional CFDT à la CCIJP (Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels).
Il travaille à la fois en contrat au sein de Plurimedia, agence de presse télé ciné loisirs du groupe Lagardère, et comme pigiste au service des sports des Dernières Nouvelles d’Alsace.
Il est aussi responsable du pôle médias du S3C-Alsace (organisation régionale de la CFDT)
(itv en date de juin 2016)

 

En tant que commissaire régional, j'examine les dossiers de première demande de carte de presse. La CCIJP demande un premier avis aux correspondants régionaux pour les dossiers émanant de sa région. Ceux-ci disposent d’un délai de quinze jours pour remplir leur mission. La région des candidats de province est déterminée à partir du lieu du domicile et non du lieu de travail. Une activité rémunérée de trois mois consécutifs minimum est nécessaire pour donner lieu à l’attribution de la carte, ainsi qu’une attestation fournie par l’employeur.

Concrètement, quand je reçois une «demande d’avis de province», je prends contact avec le ou la collègue journaliste qui sollicite la carte de presse. J’ai un long entretien téléphonique avec cette personne. Je lui demande tout d’abord si elle n’a pas eu trop de difficultés à établir son dossier de demande, puis nous évoquons ensemble son parcours depuis son cursus universitaire jusqu’à sa situation actuelle. Je fais quelques recherches inrenet, je vérifie bien que le collègue rentre dans les critères d’attribution de la carte et qu’il tire la majorité de ses ressources de son activité journalistique qui constitue son occupation principale.

Depuis juin 2015, j’ai eu à traiter une vingtaine de dossiers de demande de carte de presse pour la région Alsace. Pour tous ces dossiers, j’ai émis un avis favorable à la CCIJP. Soit le dossier ne posait aucun problème, soit il a fallu l'argumenter et je trouve toujours un angle pour que l'avis soit positif. Tous mes dossiers ont été suivis à ce jour d’une délivrance de la carte de presse aux demandeurs, généralement un mois après. Si c'est plus long c'est que cela repasse devant la commission plénière pour un débat sur le dossier mais apparemment là aussi mes arguments font mouche !

Je m’empresse alors de prévenir les collègues demandeurs que la carte de presse leur a été attribuée, leur fait part des avantages que cette carte va leur apporter et les enjoint à ne pas hésiter à prendre contact avec moi s’ils venaient à rencontrer un quelconque problème. En tant qu’élu de CFDT-Journalistes et responsable du pôle médias du S3C-Alsace, je leur fait comprendre que je suis la première personne à qui ils peuvent se confier en cas de problème dans leur entreprise…

A signaler que la chaîne franco-allemande Arte, qui est basée à Strasbourg, s’est enfin récemment mise en conformité sur le statut de ses journalistes à la demande de l'URSAFF et que j’ai eu plusieurs dossiers à traiter ces derniers mois de journalistes confirmés de cette entreprise : jusque là, ils travaillaient sans carte de presse !

Les jeunes journalistes, qui sont en priorité ceux qui font une première demande de carte de presse, ne connaissent pas toujours les avantages que peuvent leur procurer cette carte. En tant que pigiste notamment, elle devient un vrai sésame et permet également de justifier d’une ancienneté dans la profession auprès de ses divers employeurs.

En étudiant le parcours des demandeurs, on se rend vite compte de la précarisation qu’ils vivent. Il y a également de plus en plus de demandes des journalistes travaillant pour le web. D’autres multiplient les CDD au sein d’un même journal depuis un an, voire plus. Je leur propose alors de faire jouer la rétroactivité, s'il y a une continuité de CDD.

La CFDT défend et défendra toujours une certaine souplesse pour étudier les demandes de cartes. Derrière chaque dossier se cache une personne. La CFDT ne compte pas faire payer aux journalistes qui demandent leur carte, et notamment les plus jeunes, les dérégulations sociales qui ne relèvent pas d’eux, mais de leurs employeurs. C’est aux syndicats de lutter contre cette dérégulation et à la de CFDT-Journalistes, nous sommes déterminés à faire front contre cette loi de la jungle qui précarise les journalistes et fragilise notre métier.