On vous a répondu

Vous nous contcatez pour nous demander conseil sur un point précis. Pour que ces informations profitent à d'autres, nous avons anonymisé certains cas. Ces "cas pratiques" peuvent aussi servir de point de départ à discussion. N'hésitez pas à nous écrire pour nous dire comment vous, vous avez réagi dans une situation similaire, et si d'autres solutions vous semblent possibles. L'action syndicale n'est pas une science exacte, donc partageons nos expériences.

 

"J'ai quitté un journal courant de l'année dernière, dans le cadre d'un plan social, et donc en basculant immédiatement dans le contrat de sécurisation professionnelle avec indemnisation de Pole emploi. J'ai ensuite continué à piger. Puis-je appliquer l'abattement fiscal de 7650€ ?"

 

Notre réponse - Oui l'allocation de frais d'emploi s'applique. S'il y a des indemnités chômage il faut calculer un prorata de l'allocation. Elle ne peut être totale.

 

"Journaliste pigiste, je collabore régulièrement depuis 1 an avec un média. Je viens de recevoir une proposition d'embauche de la part d'un autre employeur qui souhaite m'accueillir dans l'équipe le plus rapidement possible. Je souhaitais savoir si en temps que pigiste j'ai un préavis à respecter et quel en serait le délai?"

 

Notre réponse - Oui, il y a un préavis d’un mois. Mais tu peux très bien prendre ton poste tout de suite et continuer tes piges à côté pour ne pas mettre l’employeur de piges dans l’embarras. En tous cas tu dois honorer les commandes déjà reçues.

 

" Un nouveau mag se lance près de chez moi. On me propose des piges SR, payées à la journée, et me demande à quel prix je travaille. Je ne sais pas trop quoi répondre."

 

Notre réponse -  On peut adopter plusieurs raisonnements :

- partir du salaire minimum, soit 80 € la journée au Smic (9,67€ x 7h48mn = 76€). Si la rémunération s'appelle "piges", il faudra considérer ces 80€ comme un montant de base brut auquel il faut ajouter 1/10 de congés payés et un 1/12 de 13e mois. Et, si c'est un CDD à la journée, la prime de précarité en fin de contrat.

- partir des salaires pratiqués dans l'entreprise, ceux des SR en place, soit le salaire mensuel théorique, divisé par 151 et multiplié par 7 ou 8 selon le nombre d'heures par jour.

- tenir compte de sa propre expérience, du volume de piges proposé (une pige par mois doit être payé + qu'un "package")

- en tout état de cause, ne pas descendre en dessous des minima de la branche en question

 

"Journaliste pigiste, je travaillais, ces derniers temps, principalement pour deux titres appartenant au même groupe de presse. Or, la rédaction en chef d'un de ces deux titres m'a appris brutalement que ma rubrique serait supprimée un mois après, après presque cinq ans de collaboration hebdomadaire ininterrompue et 230 articles publiés. Face à cette situation, j'aimerais savoir :

* s'il m'est possible de réclamer des indemnités de rupture pour cette première collaboration, tout en continuant à percevoir mes piges pour l'autre titre (regroupés sur la même fiche de paie) ?

* sur quels textes juridiques puis-je appuyer ma demande ?

* à combien se montent habituellement ces indemnités pour une collaboration hebdomadaire ?

* le groupe de presse ne risque-t-il pas de me supprimer - "en représailles" de cette demande d'indemnités - ma seconde collaboration ?"

 

Notre réponse - Sur le principe, une baisse substantielle de rémunération en piges équivaut à un licenciement économique. Dans l’immédiat, surtout tu veux continuer à piger, la première chose à faire est d’envoyer un courrier simple ou mieux, en recommandé, en actant par écrit que la disparition de la rubrique signifie pour toi, journaliste pigiste, une baisse de rémunération importante (ou mettre la somme correspondante) et demander ce que compte faire la rédaction pour compenser cette forte diminution de revenus. Ensuite, attendre la réponse de la direction ou de la rédaction. Dans ton courrier, rappelle-bien le début de la collaboration et le nombre d’articles parus depuis 5 ans.

Si le groupe de presse propose une compensation avec d’autres commandes pour des titres du groupe ou d’autres supports, il n’y aura pas de souci.

S’il ne propose rien, attends un peu pour rédiger un second courrier, et prends attache auprès d'un délégué du personnel de ton entreprise. Un de nos collègues syndiqués à la Cfdt journalistes a été dans une situation similaire avec la disparition pure et simple d'un titre pour lequel il pigeait au sein d'un groupe. Ses démarches auprès d'un délégué du personnel ont abouti à ce que la direction lui assure par courrier le maintien de son niveau de pige. Cela a eu pour conséquence son reclassement au sein d'un autre titre du groupe.

 

"Je pige depuis 3 ans quasiment une fois par mois pour un magazine mensuel, principalement pour une rubrique. Mon donneur d’ordre vient de mettre fin à ma collaboration par mail, pour faute lourde: un plagiat. Il me reproche d'avoir quasiment copié collé dans Wikipédia, environ 300 signes d'une biographie, sur des aspects très factuels (date de naissance, etc), pour le petit encadré "bio" de la rubrique en question. Je le reconnais et je m'en veux. Habituellement je contacte un expert mais là j'étais débordée et stressée par la deadline. Je me suis excusée et j'ai réécrit mais il ne veut rien entendre et a annulé les commandes déjà passées pour les numéros à venir. Toute pige commandée ne doit-elle pas être payée ? Je précise que j'avais de très bonnes relations avec son prédécesseur, que j'ai souvent erçu de bons retours sur mon travail, mais lui, je ne l'ai jamais rencontré."

 

Notre réponse : Tu as raison d'être franche et en effet, copier-coller n'est pas souhaitable, mais la réaction de ton donneur d'ordre nous semble vraiment excessive. L'erreur est humaine. Avant de défendre tes commandes annulées, ce qui t'obligerait à les y "forcer", il nous semble plus prioritaire d'essayer de conserver ta collaboration en désamorçant le conflit. Pourrais-tu appeler ton donneur d'ordre précédent pour lui demander conseil ? Tu pourrais aussi écrire à la rédaction en chef, pour exposer la situation, t'excuser, et faire valoir l’ancienneté de la collaboration qui les a auparavant toujours satisfaits, afin que ce différent ne reste pas entre toi et ton donneur d'ordre. En tout état de cause, tu as au moins droit à une vraie explication avec courrier, entretien préalable. "

 

"Je suis pigiste à l'étranger, à la fois pour la presse française (payée en piges) et pour la presse d'autres pays. J'aimerais demander ma carte de presse, mais ces 3 derniers mois j'ai touché 1450 € en net presse française, soit 400 € de moins que ce qu'il faudrait pour demander la carte. C'est largement assez pour vivre, d'autant que je gagne par ailleurs d'autres revenus d'autres titres de presse étrangers, et des droits d'auteur pour des guides touristiques. Là où je vis où le salaire moyen est de 400 €par mois... Du coup je me demandais si j'ai mes chances quand même en présentant ce dossier tel quel ?

 

Notre réponse - Nous te conseillons de joindre à ton dossier CCIJP tous tes justificatifs de coût de la vie, pour prouver que tu peux vivre avec 400 euros par mois. Même si la CCIJP ne prend normalement pas en compte les revenus presse non français, n'hésite quand-même pas à les stipuler. Tu peux aussi joindre une lettre en disant qu'en tant que pigiste à l'étranger tu dois cumuler des employeurs de divers pays, mais que ces employeurs, c'est bien du journalisme, avec preuve en PJ. Les critères de la carte de presse sont bien que le journalisme soit l'activité principale, régulière et rétribuée, ce qui est ton cas. Ton dossier a de fortes chances d'être refusé en 1ere instance, mais la commission supérieure, où nous te conseillons de faire appel, est plus souple.

 

"Un titre de presse professionnelle pour lequel je pige ne me paye pas mon 13e mois, mes CP et ancienneté. Il a décrété que c'était compris dans le montant de la pige. Malgré mes demandes par mail, rien ne change. Que faire ?"

 Notre réponse - L'attitude de ce magazine est évidemment inadmissible et tu es plus que fondée à réclamer ton dû ! Bravo pour ta pugnacité. Il te faut envoyer un courrier recommandé en citant les articles de la Convention collective qui établissent ces règles (articles 22, 25 et 31) : toutes ces indemnités se calculent à partir du salaire perçu, qui sert donc de base brute de calcul. Mais il faut aussi que l'on intervienne syndicalement, oralement, par courrier, ou en contactant l'Inspection du travail.